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Les tapis persans

Le tapis persan fait partie de l’art et de la culture de la Perse (Iran). Le tissage de tapis en Perse date de l’époque de l'âge du bronze.

Les tapis persans les plus anciens qui existent encore aujourd’hui datent de la dynastie Safavid (1501-1736) du 16e siècle. Cependant, certaines peintures retrouvées prouvent que ces tapis ont une histoire de production qui remonte à plus loin encore. Il y a une grande variété parmi les tapis persans classiques du 16e siècle et du 17e siècle. Les motifs les plus courants comprennent des vignes, des arabesques, des palmettes, des séries de nuages, des médaillons et des motifs géométriques superposés plutôt que des motifs d’animaux ou d’humains. En fait, l’Islam, qui est la religion dominante dans cette partie du monde, interdit la représentation des motifs animaliers et humains. Par contre, on retrouve tout de même certains tapis sur lesquels des figures humaines s’adonnent à la chasse ou à des festivités. De plus, la majorité de ces tapis sont faits en laine, mais plusieurs modèles faits en soie et produits à Kashan existent toujours. Les principaux centres de fabrication de tapis persans antiques en Perse étaient situés à :

  • Tabriz (1500-1550)
  • Kashan (1525-1650)
  • Herat (1525-1650)
  • Kerman/Kirman (1600-1650)


Différents styles de tapis persans


De nombreux tapis (entre 1500 et 2000) ont été conservés depuis la période Safavide, mais l'âge et l’origine exactes de ces tapis sont difficilement identifiables. Les inscriptions sur les tapis permettent de déterminer de précieuses informations se rapportant à l’origine de ceux-ci, telles que l’identité des artistes, le lieu de fabrication, le sponsor, etc. De plus, une fois que le tapis soit fabriqué et qu’il soit demeuré dans un lieu en particulier, il permet aux objets s’y rattachant d'être identifiés eux aussi. C’est un fait généralement accepté auprès des spécialistes que ce sont les Safavides qui ont transformé la production de tapis par des artistes indépendants de tribus nomades à un statut d’« industrie nationale » où les produits sont exportés en Inde, dans l’empire Ottoman et en Europe. Pendant la période Safavide, l’exportation des tapis a connu un bond vers des destinations en Europe (parfois en passant par la colonie portugaise de Goa) et vers l’empire Mogul où les tapis persans ont stimulé la production locale. Certains tapis safavides étaient aussi transportés par la compagnie « Dutch East Asia » vers Jakarta, le Sri Lanka, la Malaisie, Kochi, l’Inde et même en Hollande.

Chronologie de l'empire Safavide

Basé sur les dires de voyageurs et de sources écrites, il semble que les usines royales de tapis existaient à Isfahan, à Kashan et à Kerman. Ces usines produisaient des tapis pour les palais et les mosquées du Shah, mais aussi des offrandes aux monarques voisins ou aux dignitaires étrangers, ou encore des œuvres faites sur mesure pour la noblesse ou les citoyens ordinaires. Du soutien comme tel apportait du capital sous la forme de matériaux bruts et un salaire aux artisans pendant la durée du tissage. Le développement rapide the l’industrie des tapis dans l’empire Persan pendant la période Safavide peut être attribué à l’intérêt des souverains pour cette forme d’art. Ismail I, puis Shah Tahmasp et Shah Abbas I sont connus pour avoir eu de l’intérêt pour la production de tapis. L’un d’entre eux a même fait sous-entendre que les deux autres souverains s’étaient personnellement investis dans la production de tapis, notamment dans le design des motifs. De toute la période Safavide, c’est pendant leur règnes respectifs que la production de tapis persans était à son apogée. C’était pendant cette période, et en particulier depuis le règne de Shah Tahmasp, que les touts premiers tapis floraux ont été créés afin de satisfaire les goûts des Safavides. La différence entre les tapis des nomades et les tapis floraux réside dans l’implication du « maître » (ostad) qui conçoit les motifs à être reproduits par les tisseurs. Le design des tapis nomades sont transmis par tradition.



Shah Abbas dans son palais

La production de tapis était fortement influencée par le leadership et l’initiative de l’art du livre d’où provenait les motifs à reproduire. Par conséquent, en comparant ces livres avec des reliures de livres et d’illuminations, les spécialistes ont pu distinguer une évolution de style. La majorité des tapis produits pendant le 16e siècle, c’est-à-dire principalement sous le règne de Shah Ismail et Shah Tahmasp, sont nommés « avec médaillon » parce que les motifs sont organisés autour d’un gros médaillon multi-lobé parfois nommé Shamsa (soleil). Les décorations aux quatre coins du tapis sont quant à elles des quarts de médaillons qui rappellent étrangement celui du centre. Les tapis les plus fameux de ce genre sont une paire de tapis dite Ardebil, dont l’un est conservé au Musée de Victoria et Albert, qui date de 1539-40 avant J.C. et qui est signé « Oeuvre de l’humble serviteur de Mahmud Hashani ».



Entre la fin du 16e siècle et le début du 17e siècle, c’est-à-dire avec la montée au pouvoir de Shah Abbas, les motifs de médaillon se firent plus rares. En fait, il est fort possible que les quarts de médaillon aux coins firent éliminés avant la seconde moitié du 16e siècle, tel que constaté en observant les tapis de Mantes. Ces derniers représentaient des « tapis vases » qui, tel que leur nom l’indique, démontrent un vase d’où jaillit un arrangement floral. Le jardin, une représentation associée avec le paradis, laissa place à un type de design qui est apparu au 17e siècle en Perse en guise d’imitation des jardins du Shah, divisés en motifs rectangulaires ou carrés par des allées et des canaux d’irrigation (chahar bāgh).



Il existe aussi des tapis avec des scènes de chasse, une activité prisée par les Shahs, qui requière savoir-faire, force et connaissance de la nature. Ce genre de thème est aussi relié au paradis et à des activités spirituelles, car la chasse se produit souvent dans la nature, ce qui peut faire penser aux jardins du paradis. Un des tapis de qualité supérieure est sans aucun doute le tapis aux allures de Tabriz, présentement exposé au Museo Poldi Pezzoli , datant de 1542-43. Le tapis de Mantes, présenté ci-dessous, date de la seconde moitié du 16e siècle et est d’un calibre équivalent. Il est présentement exposé au Musée du Louvre.



Tapis Mantes


Pour sa part, le village de Kashan se distinguait par une production de tapis relativement petits, fait entièrement de soie, avec du bleu ou du rouge comme couleur de base, et présentant des batailles entre des animaux fantastiques issus de la culture chinoise (des kirins, des dragons, des phœnix). En ce qui concerne les plus grands tapis, ceux du 16e siècle présentaient un médaillon (tapis de la Fondation Gulbenkian), qui ont disparu le siècle suivant. Le Musée du Louvre et le Musée Métropolitain en conserve chacun un modèle.

L’Iran est aussi le fabricant du plus gros tapis fait à la main dans l’histoire du monde. Celui-ci mesure 60,546 pieds carrés. Présentés ci-dessous sont quelques exemples rares de tapis persans antiques, datant des deux derniers siècles, conservés et restitués dans les musées autour du monde aujourd’hui.



Sources et inspiration : BÉRINSTAIN, Valérie, et al. L'art du tapis dans le monde, Paris, Mengès, 1996, 378 p. ; JERREHIAN JR., Aram K. A. Oriental Rug Primer, Philadelphie, Running Press, 1980, 223 p. ; HERBERT, Janice Summers. Oriental Rugs, New York, Macmillan, 1982, 176 p. ; HACKMACK, Adolf. Chinese Carpets And Rugs, Rutland et Tokyo, Tuttle, 1980, 45 p. ; DE MOUBRAY, Amicia. et David BLACK. Carpets for the home, London, Laurence King Publishing, 1999, 224 p. ; JACOBSEN, Charles. Oriental Rugs A Complete Guide, Rutland et Tokyo, Tuttle, 1962, 479 p. ; BASHIR, Shuja. communication personnelle, s.d. ; Sources de sites web et dates de consultation variées (à être confirmées). Utilisé sous toutes réserves.





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